Souveraineté technologique : le défi européen face au nationalisme américain et à l’instabilité globale

 

La réélection de Donald Trump annonce une intensification du nationalisme technologique américain, qui doit inciter l’Europe à renforcer sa souveraineté technologique.

En s’associant à des figures comme Elon Musk, son administration promet un élan de déréglementation, menaçant directement les approches européennes de contrôle et de prévention des désinformations. Face à ce défi, l’Europe doit se donner les moyens de ne plus compter sur une relation transatlantique de plus en plus imprévisible.

Aujourd’hui, les dynamiques de nationalisme technologique soulèvent des questions profondes sur les enjeux de dépendance et de coopération entre blocs (États-Unis, Chine, UE), mais les risques sont réels :

🔒 Protectionnisme et fragmentation : L’isolement économique risque d’augmenter les coûts et de morceler les chaînes d’approvisionnement mondiales.

⚔️ Militarisation technologique : La course à la puissance technologique pourrait favoriser le développement d’armes cybernétiques et de nouvelles menaces sécuritaires.

📉 Inégalités mondiales : La domination actuelle des États-Unis et de la Chine pourrait accentuer les disparités, marginalisant des régions moins avancées.

🇪🇺 Une Europe entre autonomie et collaboration

L’Europe est un acteur majeur de l’économie mondiale, qui plus est avec un faible niveau d’inégalité. Cependant, sous l’effet de moindres gains de productivité, sa croissance ralentit. Celle-ci est significativement inférieure à celle de la Chine, mais aussi des Etats-Unis.

 

3 transformations du monde viennent aussi pénaliser notre vieux continent

  • le ralentissement du commerce mondial,
  • la perte d’un approvisionnement énergétique relativement bon marché
  • et une instabilité géopolitique croissante.

 

Puisque « la meilleure façon de prédire l’avenir est de le créer » (Peter Drucker),  un triple impératif s’impose :

  • combler le retard en matière d’innovation afin de stimuler la productivité et au-delà la croissance (La dépense en R&D dans la zone euro, à 2,3 % du PIB, est nettement inférieure à celle des États-Unis (3,4 %);
  • réduire le coût de l’énergie tout en tirant partie des opportunités industrielles liées à la décarbonation ;
  • renforcer la sécurité économique de l’Union, réduire les dépendances en matériaux critiques, en technologie et en équipements militaires 

 

Pour se positionner en acteur souverain sans compromettre son accès à l’innovation mondiale, l’Europe doit concilier régulation et compétitivité. Seule une autonomie technologique responsable et démocratique, bâtie sur des collaborations stratégiques volontaristes, permettra de maximiser les bénéfices pour l’innovation sur notre continent, et au fond, créer plus d’unité dans la diversité.

Source Antonin Bergeaud, “The Past, Present and Future of European Productivity”, ECB Forum on Central Banking