Lauréat du prix de la Start-Up des Datacraft awards, remis par leur partenaire Accuracy, Footbar utilise l’IA pour encourager la pratique du sport. Vous avez dit « la tête et les jambes » ?
La technologie révolutionne notre quotidien, nos usages, nos activités, et le monde du sport n’échappe évidemment pas à cette lame de fond. Le boom du marché des capteurs sportifs illustre avec éloquence les transformations en cours. Il représente à ce jour 7 milliards d’euros à l’échelle mondiale et atteindra au bas mot 20 milliards à horizon 2030. Les capteurs vont faire évoluer les pratiques (le mouvement est d’ailleurs déjà bien engagé) et, à mesure de leur spectaculaire essor, générer des données critiques très utiles sur le plan sportif mais aussi médical et sanitaire, voire social. Bien plus qu’une simple expansion d’un secteur de niche, il s’agit d’un véritable phénomène de société aux répercussions considérables, par exemple en matière de santé publique.
Cela nous rappelle que l’IA n’est pas seulement une affaire cognitive ou computationnelle : si elle aiguise nos facultés intellectuelles, elle peut aussi favoriser le développement de nos capacités corporelles. Elle réinvente d’une façon ou d’une autre le rapport au corps et monitore l’effort physique en l’adaptant aux capacités de chacun. Le silicium et les microprocesseurs, meilleurs amis de la sueur et des tendons ?
Rien ne remplacera jamais la « vérité du terrain », faite de muscle et d’engagement physique aussi bien que de sens tactique et d’intelligence du jeu. Mais cette vérité peut être grandement éclairée par la data mise à disposition du grand public. C’est une des raisons pour lesquelles le président de la FFF, Philippe Diallo, ambitionne de créer un centre de recherche et d’innovation destiné à rendre accessible à tous la performance sportive par la data, de sorte que, selon ses propres mots, « les jeunes joueurs puissent eux aussi voir les kilomètres qu’ils ont parcourus, même si on ne leur donnera pas forcément les équipements des pro. »
Conjuguer data et activité, c’est tout le sens des outils que nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser – et à plébisciter – quand nous faisons du sport. Strava est ainsi devenu le compagnon de route de très nombreux coureurs. Le capteur intelligent développé par Footbar s’inscrit dans la même logique. Alimenté par l’intelligence artificielle, il mesure la performance de l’utilisateur, l’aide à s’améliorer, lui permet de se comparer à d’autres joueurs, aiguillonne son esprit compétitif et l’encourage à faire du sport. Il est simple à utiliser et bon marché afin de démocratiser au maximum l’accès aux données techniques et physiques (distance parcourue au cours d’un match, temps d’activité totale, sprints, vitesse de frappe de balle …).
Strava, Footbar et d’autres modèles démontrent que l’antagonisme entre monde digital et monde réel se révèle sans objet : pas de statistiques sans effort physique, pas de modélisation sans séquence de jeu effective, autrement dit pas de LLM ou de LWM (Large World Model), ou encore mieux, de LFM (Large Football Model), sans match réel ! Le capteur reconstitue et analyse ce qui s’est passé sur la pelouse, voire le simule en produisant des schémas de jeu, mais ne remplace pas le « vrai » jeu.
On se trouve alors un peu dans la situation que décrivait Jorge Luis Borges dans sa nouvelle La Bibliothèque de Babel, où l’auteur argentin imaginait une bibliothèque gigantesque rassemblant tous les ouvrages déjà écrits ainsi que tous ceux appelés à l’être en combinant à l’infini 25 caractères d’écriture. Pour autant, au-delà de la fiction, cette possibilité de combiner une matière première illimitée -données informatiques ou signes d’écriture – ne dispense pas plus l’écrivain d’écrire (n’en déplaise aux prophètes de la « fin de l’histoire de la littérature » du fait des avancées de l’IA générative), que le pratiquant d’une discipline sportive, aussi obsédé soit-il par les données, les siennes comme celles des autres joueurs, de faire du sport. Bien au contraire.
Aussi peut-on facilement comprendre qu’en réconciliant l’écran et la pratique physique, le muscle en mouvement et les petites cellules grises, le terrain et la technologie, la modélisation spatio-temporelle d’un match et sa réalité, l’IA appliquée au monde du sport est riche de promesses pour le corps social. En particulier dans ce sport aussi populaire que le football, vecteur d’insertion sociale à forte valeur éducative ajoutée.
Promesses pour la santé publique, notamment en matière de lutte contre le fléau de la sédentarité chez les jeunes ou de prévention des blessures grâce à un suivi précis et exhaustif de l’activité des joueurs qui permet de détecter des situations à risque (fatigue, stress, etc.). Rappelons que pour le haut niveau, les blessures coûtent déjà 730 millions d’euros par saison aux clubs des cinq grands championnats européens.
Promesses aussi pour détecter, accompagner et faire grandir des talents sportifs, surtout à l’heure où l’on parle de plus en plus de créer une carte d’identité digitale du joueur, sorte de passeport sportif numérique contenant ses performances, son parcours et son historique, ses caractéristiques techniques et physiques.
Peut-être les capteurs deviendront-ils à terme des biens de santé publique à part entière ? On peut d’autant plus le penser que le nouveau volet « haute performance sportive et innovation » du plan France 2030 prévoit des investissements importants en IA, qu’il s’agisse du traitement et de l’exploitation des données massives ou du recours à l’IA prédictive pour la récupération et la prévention des blessures.
Footbar ayant fait le pari depuis 10 ans de démocratiser la collecte de données pour le Football grâce à l’IA, s’inscrit pleinement dans cette logique et bénéficie désormais d’une base de données massive lui permettant d’entrainer l’IA la plus puissante du marché et de conforter ainsi sa position de leader mondial.
La preuve n’est plus à faire que l’IA, à la condition d’être bien utilisée, contribue à élever non seulement la performance des sportifs mais aussi le nombre des pratiquants et la fréquence des séances, matchs, entraînements, sorties, etc. Tout particulièrement au sein des jeunes générations, pour lesquelles l’analyse des statistiques de performance est consubstantielle à l’exercice physique et l’utilisation d’un capteur ou d’une montre connectée est devenue comme une seconde nature.
La tête et les jambes, le corps et l’esprit, le jeu et le sérieux de l’analyse : l’intelligence est plus que jamais l’avenir du sport, secondé par la technologie mais toujours premier dans l’ordre des priorités et des nombreux bienfaits attachés à l’exercice physique. « Mouiller le maillot » demeure l’horizon inchangé et indépassable du sportif. C’est juste que l’IA permet de le mouiller encore mieux, plus longtemps et en réduisant les risques du terrain.
Stéphane Martin, CEO de Footbar
Sylvain Ract, cofondateur de Footbar
Jean Barrère, associé du cabinet Accuracy