L’IA, c’est du jardinage

L'IA, c'est du jardinage
L’IA, c’est du jardinage. Versailles n’est pas un jardin. C’est une thèse politique. Du pouvoir. La stratégie, c’est tracer l’horizon.André Le Nôtre n’a jamais planté un arbre. Il a soumis la nature à une idée. Chaque bosquet, chaque bassin, chaque allée converge vers un seul point, la Ligne de Fuite, cette perspective infinie qui rappelle au visiteur qu’il est face à un pouvoir qui pense en siècles.

Parce que Louis XIV n’a pas commandé un parc. Il a commandé une vision du monde.

Regardez nos entreprises. Elles sont fascinées par leurs nouveaux râteaux, IA générative, Cloud, Data. Formidable pour tailler les haies plus vite. Mais le râteau ne trace pas le plan.

On demande à la machine comment aller plus vite, sans avoir défini où l’on veut être dans dix ans.
Vélocité sans direction. Outil sans intention. Sans Ligne de Fuite, l’IA n’est qu’un accélérateur de désorientation.

Le paradoxe économique est implacable, plus la technologie banalise l’exécution, plus la vision devient rare. Aujourd’hui, n’importe qui peut générer du contenu, du code, de l’analyse. Le coût marginal de l’opérationnel s’effondre.

Or la valeur migre toujours vers la rareté. Ce qui vaudra cher, c’est la capacité à tracer une perspective que la machine ne peut pas calculer.

Parce qu’une vision n’est pas une prédiction. C’est un pari.
Le Nôtre ne demandait pas à la nature ce qu’elle voulait devenir. Il lui imposait une forme qui n’existait pas encore.

Aux dirigeants fascinés par le choix de leur IA : commencez par l’horizon. La technique suivra, ou sera remplacée.
Le pouvoir n’a jamais été dans le processeur. Il est dans le dessein.