11 février. Journée internationale des femmes et des filles de science. À 14 ans, Sabrina Gonzalez Pasterski construit un avion. Pas un modèle réduit. Un vrai monomoteur. Pièce par pièce, dans un hangar.
À 16 ans, elle le pilote seule. Pas pour le frisson. Pour comprendre.
Elle voulait sentir les lois de la physique dans ses mains avant de les écrire sur un tableau noir. La portance. La traînée. Le moment où l’air cesse de porter et où le métal décide seul.
La main qui construit un avion n’est pas la main qui fait défiler un cours en ligne. Elle ne cherche pas la réponse. Elle cherche la résistance. Elle apprend parce que le réel pousse en retour.
Première de promotion au MIT. Doctorante à Harvard. Aujourd’hui chercheuse au Perimeter Institute sur l’un des problèmes ouverts les plus profonds de la physique : le lien entre gravité, information et espace-temps.
Son hypothèse : l’univers tridimensionnel pourrait être la projection d’informations codées sur une surface. L’espace-temps ne serait pas le décor. Il serait le message.
Personne ne sait à quoi ça servira.
C’est exactement pour ça que c’est vital.
Les modèles d’IA qui transforment nos organisations reposent sur des mathématiques que personne ne finançait quand elles ont été inventées. La relativité générale a attendu quatre-vingts ans avant de rendre possible le GPS. La mécanique quantique semblait abstraite jusqu’à ce qu’elle permette le transistor, et avec lui, toute l’informatique moderne.
Les ruptures ne viennent jamais du court terme. Elles viennent de gens qui acceptent de ne pas savoir à quoi sert ce qu’ils cherchent.
Je le vois dans les organisations. On finance ce qui promet un ROI à dix-huit mois. On coupe ce qui n’en promet pas. Et on s’étonne, cinq ans plus tard, de n’avoir rien vu venir.
Pasterski a construit un avion à 14 ans. Pas pour voler. Pour peser. Pour penser.
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Illustration Sabrina Gonzalez Pasterski, 14 ans. La main qui construit pour comprendre.