Pourquoi l’IA ne remplacera pas le consultant qui sait dire non

Pourquoi l’IA ne remplacera pas le consultant qui sait dire non

L’IA va remplacer les consultants.
Oui. Les mauvais.

Ceux qui disent « Oui ».

Ce que l’IA fait très bien : synthétiser, comparer, accélérer.

Ce qu’elle ne fait pas : dire non.

Dire au comex que sa question est mal posée.
Dire au CEO que son intuition est un biais.
Dire au DG que son projet phare est un gouffre.
Dire au directeur de programme que ses KPI mesurent l’activité, pas l’impact.
Dire au chef de projet que son planning est une fiction.

L’IA est un courtisan parfait. Elle acquiesce. Elle reformule. Elle sert. Elle ne confronte jamais.

Ce n’est pas une faiblesse. C’est sa nature. Mais ce n’est pas du conseil.

À la cour, un seul homme pouvait contredire le roi. Le fou. Il survivait parce qu’il n’avait rien à perdre. Et parce que le roi, parfois, avait besoin d’entendre la vérité.

L’IA ne sera jamais le fou du roi.

Le consultant qui ne vend que des slides sera remplacé. Celui qui s’en sert pour dire ce que personne ne veut entendre, jamais.

La valeur n’est plus dans l’analyse. Elle est dans le jugement. Et le jugement demande ce que l’IA n’a pas : du courage. Celui de prononcer un mot.

Non.

Peinture : Sébastien de Morra par Vélasquez (1645) – Le seul regard qui ne baissait pas les yeux devant le Roi.