28 février 2026. Frappes américano-israéliennes sur l’Iran. Le détroit d’Ormuz fermé. Le baril franchit 110 dollars. Les marchés regardent le pétrole. Pas les serveurs.
Des drones iraniens frappent trois data centers d’Amazon aux Émirats et à Bahreïn. Dommages structurels. Coupures électriques. Migrations d’urgence. À Dubaï, des services bancaires s’effondrent pendant des heures.
L’IA se croyait légère. Elle a un corps.
Des serveurs aux Émirats. Des câbles dans le Golfe. Des fonderies à Taïwan. En 2024, les data centers ont englouti 415 TWh, l’équivalent de la France. La demande atteindra 985 TWh en 2030. Le pétrole cher fait flamber l’électricité. L’électricité chère fait flamber les coûts d’entraînement.
OpenAI ne prévoit pas de profit avant 2030. Les projections tenaient avec de l’énergie à bas coût. Un choc énergétique durable suffisait à faire craquer le modèle.
La guerre en Iran n’a pas produit un seul choc. Elle en a produit deux.
L’Abraham Lincoln a quitté la mer de Chine pour le Golfe Persique. L’USS George Washington, l’unique autre porte-avions américain en Asie, est à quai à Yokosuka. TSMC fabrique 90 % des puces avancées qui alimentent les GPU mondiaux. Bloomberg Economics chiffre le coût d’une crise dans le détroit de Taïwan à 10 600 milliards de dollars dès la première année.
La valorisation de l’IA reposait sur un postulat. Les serveurs seraient toujours alimentés. Les puces arriveraient toujours à temps. La stabilité était une donnée d’entrée, jamais une variable.
Ce postulat gît sous les décombres de trois data centers aux Émirats.
Abraham Lincoln est en route vers le Golfe. George Washington est à quai. À Pékin, on compte les jours.
Gustave Caillebotte, Raboteurs de parquet (1875). L’intelligence artificielle aussi a un sol. On ne le voit jamais.